Construction · mis à jour le 6 novembre 2026

Extension RE 2020 : quelles règles pour agrandir une maison ?

Une extension de maison n'est pas traitée comme une construction neuve complète : tout dépend de sa surface. Moins de 50 m², 50 à 80 m², au-delà : voici les règles RE 2020 applicables, y compris aux surélévations depuis le 1er juillet 2026.

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Article publié le 6 novembre 2026, mis à jour le 6 novembre 2026. Les règles et les montants évoluent régulièrement : vérifiez qu'ils sont toujours en vigueur ou interrogez-nous.

Une extension RE 2020 n'est pas soumise aux mêmes exigences qu'une maison neuve : tout dépend de la surface créée. En dessous de 50 m², quelques règles de moyens suffisent ; entre 50 et 80 m², un régime intermédiaire s'applique ; au-delà, c'est la RE 2020 complète. Depuis le 1er juillet 2026, les surélévations disposent elles aussi de règles adaptées.

Pourquoi une extension relève-t-elle de la RE 2020 ?

La réglementation environnementale 2020 (RE 2020) s'applique aux constructions neuves, et une extension est une construction neuve accolée à un bâtiment existant. Pour ne pas imposer à une véranda ou à une chambre supplémentaire le même niveau d'étude qu'à une maison entière, le Code de la construction et de l'habitation prévoit des exigences dites « alternatives ».

L'article R172-3 du code permet ainsi d'alléger les exigences pour les constructions de moins de 50 m², pour les extensions de moins de 150 m² et, désormais, pour les surélévations de moins de 150 m² ou de moins de 30 % de la surface de référence du bâtiment existant. Le détail figure à l'article 50-3 de l'arrêté du 4 août 2021, qui fixe les règles de calcul de la RE 2020.

Toutes les surfaces citées ci-dessous sont des surfaces de référence (Sref), la surface utilisée par la méthode de calcul RE 2020. Elle ne se confond pas avec la surface de plancher du permis de construire : c'est un premier point à faire vérifier.

Extension RE 2020 de maison individuelle : trois régimes selon la surface

Pour une maison individuelle, l'article 50-3 dessine trois cas :

  • Moins de 50 m² de surface de référence : exigences de moyens. Sont vérifiées la performance minimale des parois et des équipements, les ponts thermiques et la régulation.
  • Strictement entre 50 et 80 m² : régime intermédiaire. Sont vérifiés le Bbio, l'impact carbone des composants et les degrés-heures d'inconfort, plus certaines exigences de moyens.
  • 80 m² et plus : RE 2020 complète. L'ensemble des indicateurs s'applique, comme pour une maison neuve.

Source : arrêté du 4 août 2021, article 50-3, version en vigueur depuis le 1er juillet 2026.

Moins de 50 m² : des exigences de moyens

Pour une petite extension, il n'y a pas de calcul global du besoin bioclimatique ou de la consommation. L'arrêté impose des performances minimales élément par élément, pour les parois des locaux chauffés ou refroidis : coefficients de transmission thermique maximaux des parois, des portes, des fenêtres de toit ou des vérandas, par exemple. S'y ajoutent un ratio moyen de ponts thermiques limité à 0,6 W/(m² Sref·K), des exigences de régulation pour les émetteurs de chauffage et pompes à chaleur, et une limite de puissance d'éclairage.

En pratique, le choix des isolants, des menuiseries et des équipements doit être fait en connaissance de ces valeurs. Un artisan ou un maître d'œuvre peut s'en charger, mais l'appui d'un thermicien évite les mauvaises surprises au moment de commander les matériaux.

Entre 50 et 80 m² : le régime intermédiaire

Dans cette tranche, l'extension doit respecter trois des résultats de l'article R172-4 du code :

  • le besoin bioclimatique (Bbio), qui traduit la qualité de la conception et de l'isolation ;
  • l'impact sur le changement climatique des composants, c'est-à-dire le carbone des matériaux et équipements sur leur cycle de vie ;
  • les degrés-heures d'inconfort (DH), qui mesurent le confort d'été.

S'ajoutent plusieurs exigences de moyens de l'arrêté. La consommation d'énergie primaire n'est en revanche pas vérifiée. Ce régime suppose une étude thermique, puisque le Bbio, l'impact carbone et les DH ne s'obtiennent que par le calcul réglementaire.

80 m² et plus : la RE 2020 complète

Au-delà de 80 m² de surface de référence, aucune exigence alternative n'est prévue pour une maison individuelle. L'extension doit respecter l'ensemble des résultats minimaux de la RE 2020, comme une construction neuve : besoin bioclimatique, consommations d'énergie primaire, impacts carbone et degrés-heures d'inconfort.

Attention au cumul des extensions

L'arrêté précise que la surface à prendre en compte est le cumul des surfaces des différentes extensions d'un même bâtiment. Un agrandissement réalisé en deux temps peut donc franchir un seuil. Si vous envisagez une deuxième extension, gardez en tête les surfaces déjà créées.

Surélévations : ce qui a changé au 1er juillet 2026

Le décret n° 2026-200 et l'arrêté du 18 mars 2026, publiés au Journal officiel du 20 mars 2026, ont étendu les exigences alternatives aux surélévations. Ils s'appliquent aux demandes de permis de construire et aux déclarations préalables déposées à partir du 1er juillet 2026.

  • Une surélévation de moins de 50 m² suit les exigences de moyens, comme une petite extension.
  • Pour les bâtiments autres que les maisons individuelles, le régime dépend de la surface de la surélévation et de sa part dans la surface existante (seuils de 50 m², 150 m² et 30 %).
  • Pour les surélévations climatisées de maisons individuelles situées en zones climatiques H2d ou H3, le seuil maximal de degrés-heures d'inconfort est porté à 1 400 DH.

Certaines exigences, comme le ratio de ponts thermiques, ne s'appliquent pas au premier niveau créé en surélévation, ce qui tient compte des contraintes de raccordement à l'existant.

Ce que cela change pour vous

Vous êtes particulier et vous agrandissez votre maison. Faites calculer la surface de référence de votre projet avant de figer les plans. Quelques mètres carrés de plus ou de moins peuvent faire passer d'exigences de moyens à une étude complète. Pensez aussi au confort d'été dès la conception : orientation des baies, protections solaires, inertie.

Vous êtes architecte ou maître d'œuvre. Le régime intermédiaire (50 à 80 m²) demande une étude thermique et un calcul de l'impact carbone des composants. Anticipez-la dans le planning du permis. Pour une surélévation, vérifiez la date de dépôt : les nouvelles règles ne valent que pour les dossiers déposés depuis le 1er juillet 2026.

Vous êtes constructeur ou entreprise du bâtiment. Même sous 50 m², les produits posés doivent respecter les performances minimales de l'arrêté. Gardez les fiches techniques des isolants, menuiseries et équipements : elles prouvent la conformité.

Vous gérez un immeuble ou une copropriété. La surélévation devient plus simple à traiter sur le plan réglementaire lorsqu'elle reste sous les seuils de 150 m² ou de 30 % de la surface existante. Le régime exact dépend de ces deux critères : faites-le confirmer dès l'étude de faisabilité.

Le Bureau VERT réalise les études thermiques RE 2020 des projets de construction neuve et d'extension, à Rennes et en Bretagne : étude thermique à Rennes, attestation RE 2020. Pour savoir quelles règles s'appliquent à votre agrandissement, demandez un devis.

Illustration d'une maison avec son extension RE 2020 à toit plat et baie vitrée, mise en évidence en vert, surmontée d'une cote « + m² »
Questions fréquentes

Vos questions sur ce sujet.

Une extension de 30 m² est-elle soumise à la RE 2020 ?

Oui, mais avec des exigences allégées. En dessous de 50 m² de surface de référence, l'extension relève d'exigences de moyens : performance minimale des parois et des équipements, sans calcul complet du Bbio ou de la consommation. Il faut donc tout de même choisir des isolants, menuiseries et équipements conformes.

À partir de quelle surface une extension de maison doit-elle respecter toute la RE 2020 ?

Pour une maison individuelle, une extension de 80 m² de surface de référence ou plus relève de la RE 2020 complète, comme une construction neuve. Entre 50 et 80 m², un régime intermédiaire s'applique : Bbio, impact carbone des composants et degrés-heures d'inconfort sont vérifiés, mais pas la consommation d'énergie primaire.

Si je fais deux extensions successives, les surfaces s'additionnent-elles ?

En principe oui. L'arrêté du 4 août 2021 prévoit que la surface à considérer est le cumul des surfaces des différentes extensions d'un même bâtiment. Deux extensions de 40 m² peuvent ainsi faire basculer le projet dans un régime plus exigeant : mieux vaut le vérifier dès l'esquisse.

Qu'est-ce qui a changé pour les surélévations en 2026 ?

Depuis le 1er juillet 2026, pour les permis et déclarations préalables déposés à partir de cette date, les surélévations bénéficient elles aussi d'exigences alternatives. Elles concernent les surélévations de moins de 150 m² ou de moins de 30 % de la surface de référence du bâtiment existant.